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Titre Auteur(s) Date de parution Résumé
Mauvaises Mines - Combattre l'industrie minière en France et dans le monde Mathieu Brier et Naïké Desquesnes mars 2018 Argent dans la Sarthe, antimoine en Vendée, or dans la Creuse, tungstène en Ariège… le sous-sol français recèlerait bien des trésors. Depuis quelques années, de nombreux permis exclusifs de recherche (PER) sont octroyés à quelques aventuriers de l’industrie minière. Objectif affiché : fournir en métaux le monde de demain, ses grands projets d’infrastructures, son marché de l’armement, sa « croissance verte » faite d’une multitude d’objets high-tech, de voitures électriques et de parcs éoliens. Non sans humour, les huit courts chapitres de cet ouvrage documenté dévoilent les menaces du « renouveau minier » français, les pollutions qu’il implique, ses faux-semblants écologiques et ses tentatives d’échapper au débat public. Du Pays basque à la Bretagne en passant par la Guyane, les résistances et les propositions d’alternatives se multiplient. Ce livre est un appel à les rejoindre.
Timika - Western Papou Nicolas Rouillé mars 2018 Lorsque pak Sutrisno débarque de sa Java natale dans la ville minière de Timika en Papouasie occidentale, il ignore dans quel monde il vient de poser le pied. En quête de fortune comme des milliers d’autres migrants dans ce far west indonésien, il va vite déchanter. Dans les montagnes de l’arrière-pays, la compagnie américaine Freeport exploite la plus grande mine d’or du monde sous la protection de l’armée indonésienne. Dépossédés de leurs terres, les Papou luttent pour s’en sortir en s’adonnant à l’orpaillage dans les rejets toxiques de la mine. L’un d’eux, Alfons, fils spirituel du leader indépendantiste Kelly Kwalik, passe à l’action ; l’engrenage implacable des mondes néo-coloniaux va s’enclencher. Avec ce western politique inspiré de faits réels, Nicolas Rouillé nous fait pénétrer au cœur d’une jungle emblématique du saccage écologique et humain de la planète.
La guerre des métaux rares Guillaume Pitron janvier 2018 Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique… Politiques, médias, industriels nous promettent en chœur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu’il n’en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares… ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien). Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole. Dès lors, c’est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte – le récit clandestin d’une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d’une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu’à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu’elle s’était donné pour mission de résoudre.
Extractivisme - Voyage au coeur de planète-marchandise Anna Bednik novembre 2015 Montagnes déchiquetées et entonnoirs béants des mines à ciel ouvert, forages pétroliers et gaziers au milieu de la jungle ou en pleine mer, roche fracturée en grande profondeur pour extraire des hydrocarbures de schiste, fleuves déportés de leurs lits, forêts, terres et villages inondés pour produire de l'électricité, silence mortifère des champs-usines de végétaux destinés au bétail, à la fabrication de carburants ou de papier. Pour fournir, chaque année, plus de 70 milliards de tonnes de différentes « ressources naturelles » aux chaînes de production-consommation de marchandises (parmi lesquelles les gadgets technologiques et leurs mondes prétendument immatériels, mais également les technologies « vertes » déployées à grande échelle), on détruit les derniers écosystèmes préservés, on multiplie les « zones de sacrifice » et on fait grossir les rangs des sacrifiés, en broyant leurs cultures, leurs territoires - « espaces pour être » - et leurs vies. C'est cette face cachée de la croissance et du développement économiques que ce livre met en lumière, en complétant les perspectives critiques habituelles qui placent l'accent sur la menace de l'épuisement des ressources et sur la catastrophe climatique. Il se propose d'enrichir la définition de l'extractivisme, terme né en Amérique latine, et pose les bases d'une analyse globale de ce phénomène en s'intéressant aussi aux bouleversements et à l'éradication de modes de vie et de cultures humaines. Il nous amène à la rencontre de celles et ceux qui lui résistent et qui, au cours de leurs combats à armes inégales, sont chaque jour plus nombreux à questionner la modernité marchande et ses promesses, et à construire l'alternative, ici et maintenant. Un livre qui élabore de façon claire et rigoureuse une critique théorique d'un modèle fondé sur le productivisme, mais qui propose aussi, à travers des témoignages concrets, un large panorama des expériences de résistances et des « nouvelles » formes de coexistence homme/nature parfois nées de ces luttes.
Le Monde du dessous Didier Tronchet et Anne Sibran mai 2015 "Avant de descendre dans les mines d'argent de Potosi, les Indiens font une offrande au diable..." "Moi, Augustin Osorio, fils de mineur, j'ai décidé d'aller dans le monde du dessous pour faire ce que personne n'a jamais osé..." Ce récit envoûtant révèle l'effroyable exploitation de la mine d'argent de Potosi (Bolivie) par des générations d'Indiens, qui ont fait la fortune des conquistadors espagnols au prix de millions de morts chez les mineurs. Toutes les croyances et superstitions des indiens sont parfaitement incarnées par le dessin haut en couleurs de Tronchet, qui donne à son album un ton proche du réalisme fantastique de la littérature sud américaine (Gabriel Garcia Marquez, Isabel Allende...).
J'ai entraîné mon peuple dans cette aventure Aymeric Patricot, janvier 2015 Quand le jeune Willie débarque sur l’île de Nauru, en Océanie, dans les années trente, il est loin de se douter que la petite colonie britannique deviendra bientôt la république la plus prospère du monde, et qu’il en sera le maître. Pour l’instant, fuyant la misère qui a tué son père aux Philippines, il compte bien s’intégrer au système de production occidental, entreprise prométhéenne d’extraction du phosphate qui, tout en enrichissant l’île, la ravage.
Mining Capitalism - The Relationship between Corporations and Their Critics Stuart Kirsch juin 2014 Corporations are among the most powerful institutions of our time, but they are also responsible for a wide range of harmful social and environmental impacts. Consequently, political movements and nongovernmental organizations increasingly contest the risks that corporations pose to people and nature. Mining Capitalism examines the strategies through which corporations manage their relationships with these critics and adversaries. By focusing on the conflict over the Ok Tedi copper and gold mine in Papua New Guinea, Stuart Kirsch tells the story of a slow-moving environmental disaster and the international network of indigenous peoples, advocacy groups, and lawyers that sought to protect local rivers and rain forests. Along the way, he analyzes how corporations promote their interests by manipulating science and invoking the discourses of sustainability and social responsibility. Based on two decades of anthropological research, this book is comparative in scope, showing readers how similar dynamics operate in other industries around the world
L'Age des low-tech Philippe Bihouix avril 2014 Face aux signaux alarmants de la crise globale – croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée – on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D. Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ». Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. S’il met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.
Minerais de sang - Les esclaves du monde moderne Christophe Boltanski février 2014 Qui connaît la cassitérite, ce «minerai de sang»? C'est le principal minerai de l'étain. On le trouve partout, dans nos téléphones portables, nos radios, nos télévisions. Mais à quel prix? Dans ce livre-enquête, dans cette traque policière sur plusieurs continents, Christophe Boltanski nous fait suivre – depuis les mines du Nord-Kivu au Congo, où des gamins africains s'enfoncent sous la terre au péril de leur vie, jusqu'aux tours de la Défense, où des entreprises mondialisées disent tout ignorer du chemin qu'empruntent les minerais – le fil hasardeux, dangereux, qui mène de l'ombre à la lumière de notre consommation quotidienne. De l'Afrique des guerres oubliées au London Stock Metal Exchange, des usines de Malaisie aux poubelles à ciel ouvert du Ghana, en passant par Bruxelles et Paris, c'est un roman-vrai, nourri d'argent, d'influences obscures, de politique. S'affiche alors le véritable visage du post-colonialisme.
Identités, ressources naturelles et conflits en RDC - Défis méthodologiques et voies de sortie ? Germain Ngoie Tshibambe janvier 2014 Les ressources sont considérées comme des malédictions par les Congolais. Est-ce à cause des richesses du pays que les différents acteurs s'attaquent, en tuant les populations, pour accéder à moindres frais à celles-ci ? Doit-on accepter tout ce que l'on dit comme explication des conflits en RDC ? Voici éclairée la complexe réalité qui est la guerre de haute violence et/ou de faible intensité ayant élu domicile dans le pays.

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