CP - Le nord-est de la Grèce toujours menacé par la relance minière

8 mai 2018
ISF SystExt
Depuis plus de 15 ans, la Chalcidique, province du nord-est de la Grèce est au coeur d'une potentielle relance minière. La société Hellas Gold, détenue à 95% par l'entreprise canadienne Eldorado Gold souhaite remettre en exploitation des anciennes mines d'or (Stratoni & Olympiada) tout en ouvrant de nouvelles zones d'exploitation (Skouries). Le collectif SOS Halkidiki fédère la contestation locale et le projet minier enchaîne les retards et les décisions de justice défavorables. Cependant, pour avoir participé aux manifestations et s'être opposé·e·s aux forces de police, 25 militant·e·s doivent être jugé·e·s le jeudi 10 mai au tribunal de Thessalonique. ISF SystExt renouvelle son soutien au collectif.
Action de protestation du collectif SOS Halkidiki sur le site de Skourie [2016]

Alors que de nombreux sites miniers européens avaient fermé suite à des scandales sanitaires et environnementaux, le vent semble avoir tourné et des entreprises minières étrangères se réimplantent au sein de l’Union Européenne.

La Grèce n’est pas épargnée, et est même particulièrement touchée : la crise économique l’ayant frappée de plein fouet. Le climat économique et politique ainsi dégradé a rendu le pays vulnérable face aux recommandations de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI en matière de réouverture de mines et d’assouplissement des réglementations environnementales afin de favoriser les investissements étrangers.

Depuis presque quinze ans, la province de la Chalcidique, située au Nord Est de la Grèce et troisième région touristique du pays, est menacée par cette relance de l’activité minière. Hellas Gold, compagnie minière détenue à 95% par l’entreprise canadienne Eldorado Gold a obtenu des permis miniers couvrant 317 000 Ha, soit 30% de la superficie de la province de Chalcidique.

Depuis 2004, et l’obtention des premiers permis miniers par Hellas Gold sur les territoires de la municipalité d’Aristote, les populations locales se sont mobilisées contre ces projets d’exploitation d’or, menaçant les ressources en eau, la biodiversité et les activités touristiques et agricoles de leur magnifique région.

En plus des impacts récurrents tels que la destruction paysagère, les conflits d’accès à l’eau et la pollution des nappes phréatiques et des eaux de surface, le gisement concerné présente des taux extrêmement élevés en arsenic, ainsi que du plomb, du cadmium et de l’amiante. Comme si cela ne suffisait pas, l’un des parcs à résidus doit être construit au niveau d’une faille sismique.

Des citoyen·ne·s ont exprimé leur opposition et dénoncé de manière non-violente le manque de transparence, l’absence de consultation et les risques sanitaires et environnementaux associés au projet. Pour cela, ils ont reçu des pressions, d’autres ont été arrêté·e·s, et certain·e·s sont désormais jugé·e·s pour troubles à l’ordre public, diffamation, participation à une organisation criminelle ou encore actes terroristes.

Nous, ISF SystExt, association française spécialisée sur la thématique des industries extractives, soutenons SOS Halkidiki et les populations grecques mobilisées contre Hellas Gold. Nous dénonçons les pressions exercées sur leurs militant·e·s ainsi que les arrestations arbitraires. Nous espérons que les citoyen·ne·s comparaissant devant la justice seront relaxé·e·s et laissé·e·s libres de défendre leurs droits fondamentaux.

Il est urgent de réfléchir ensemble à des solutions à long terme pour que les paroles et les engagements des Etats, notamment en matière de protection de l’environnement et de développement durable, se transforment en actes concrets au service de la planète et de l’Humanité.

Liberté pour tou·te·s les militant·e·s arrêté·e·s !

 

 

Ierissos, le 6 mai 2018