Tête de Pioche n°10

Septembre 2018

Vers une estimation plus précise des besoins de l'économie française

Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), présentait le 6 juillet les premiers résultats de son étude des besoins en matières premières de l'économie française. Avec cette nouvelle approche, le CGDD compte aller plus loin que l'indicateur de l'empreinte matières, en comptabilisant 51 matières premières (métaux, minéraux, biomasse et combustibles fossiles), et leur utilisation dans 152 produits. L'empreinte matières des Français était de 13,5 t/habitant en 2013. Pour chaque matière, les secteurs les plus intensifs sont identifiés grâce à une matrice qui comprend la production nationale et les importations/exportations, pour plusieurs phases du produit. Par exemple, pour l'aluminium, la méthode prend en compte les importations de bauxite, d'alumine, et d'aluminium, mais aussi les exportations d'avions ou de voitures. Cet outil est une source d'informations que SystExt suivra, bien que les résultats soient comme toujours soumis à la qualité des données d'entrée.

SystExt intervient au festival anti-mines de Salau

SystExt a été convié au festival anti-mines organisé par le collectif Stop Mine Salau (SMS), qui s’est déroulé les 25 et 26 août dans la commune de Couflens, en Ariège. Le rassemblement a été pour les collectifs une occasion de mettre en rapport leurs luttes et de réfléchir à des actions communes. À des fins de formation et de partage de connaissances, des tables rondes se sont déroulées tout le weekend. SystExt est intervenu lors de la première table ronde qui avait pour thème général la mine « responsable » et sa viabilité financière et technique. Il en est ressorti que les techniques sont aujourd’hui plus performantes mais à des fins de productivité et que dans l’état actuel des choses, il est difficile de proposer un modèle de mine à la fois « propre » et « rentable ». Les autres tables rondes ont permis d’échanger sur les impacts sociaux et environnementaux de la mine, ou encore sur les luttes et conflits autour de la mine à travers le monde.

Une page dédiée au festival est accessible sur le site internet du collectif SMS, sur laquelle un communiqué de presse concernant la coordination des luttes et un autre, concernant un moratoire sur les l’utilisation du cyanure, ont été publiés.

Enquête de terrain sur l’ancienne plus grande mine d’or française

Du 1er au 3 septembre, SystExt s'est rendu sur l'ancien site minier de Salsigne situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Carcassonne, dans le massif de la Montagne Noire.

Salsigne a été, entre 1892 et 2004, un site majeur dans la production d'or et d'arsenic. Cette exploitation intensive a laissé de nombreux stigmates, notamment des montagnes de déchets miniers et des impacts environnementaux colossaux, dont la très forte pollution en arsenic des sols et des eaux, souterraines et de surface. Mais Salsigne est aussi un symbole de lutte efficace portée par des collectifs soudés comme les associations Terre d'Orbiel, Gratte papiers et l'Association de Défense des riverains et de Protection de l’environnement des mines et usines de Salsigne et de la Combe du Saut. Ces acteurs ont accompagné SystExt lors de ce weekend et permis de comprendre l'histoire de ce site, ses impacts, et les enjeux actuels et futurs qui en découlent.

Soutien d’un moratoire sur l’utilisation du cyanure

Depuis plusieurs années, de nombreuses organisations en Europe et dans le monde demandent l'arrêt de l'utilisation des cyanures dans l'industrie aurifère. Le débat est relancé à l'heure ou la Compagnie Montagne d'Or propose dans son projet un traitement du minerai aurifère par cyanuration. Le 3 septembre, SystExt s'est associé à plus de 30 associations pour demander un moratoire sur l'utilisation du cyanure.

Dans l’industrie minière, le cyanure est principalement utilisé pour le traitement du minerai d’or. Ses effets sur l’environnement sont désastreux et de trop nombreux accidents sont à déplorer (déversements lors du transport du réactif, fuites sur les sites industriels qui en font l’usage, ruptures de digues minières, etc.).

La catastrophe de Baia Mare (Roumanie, 2000) et ses effets transfrontaliers, ont permis une prise de conscience qui s’est matérialisée dans des résolutions du Parlement européen en 2010 puis en 2017 ; malheureusement rejetées par la Commission européenne, sous la pression du lobby minier. Au regard des risques non maîtrisables, SystExt promeut l’arrêt de l’utilisation de cette substance toxique.

Crédits photo bannière : Russell Lee, 1946 - domaine public