Poursuivre son engagement associatif dans un groupe thématique d’ingénieurs ?

1 décembre 2012
Thibaud Saint-Aubin, ISF SystExt - Bureau National
En 2012, ISF comptait environ 630 adhérents. Parmi eux, près de 140 sont des ingénieurs en activité, dont une cinquantaine engagée activement comme bénévoles. Leur place au sein d’ISF est cependant une interrogation récurrente depuis une quinzaine d’années.En 2012, ISF comptait environ 630 adhérents. Parmi eux, près de 140 sont des ingénieurs en activité, dont une cinquantaine engagée activement comme bénévoles. Leur place au sein d’ISF est cependant une interrogation récurrente depuis une quinzaine d’années.
Vue satellitaire du site minier de Mopani
Vue satellitaire du site minier de Mopani (Site étudié par les Amis de la Terre en 2009 et 2010 avec la collaboration d'ISF SystExt) [2010 © Google]

Continuer son engagement associatif n’est pas aisé lorsqu’on quitte la vie étudiante pour aller vers la vie active. Souvent, suite à un changement de rythme, de ville ou même de pays, les adhérents ont des difficultés à poursuivre leur investissement dans un groupe local. De plus, les préoccupations de ces groupes peuvent ne plus faire écho à leurs propres envies.

Dans cette situation, la majorité de ces jeunes actifs qui souhaitent poursuivre une activité bénévole se retrouvent au sein de la coordination nationale d’ISF, pour participer à la gestion globale de la fédération, à l’accompagnement des groupes dans leurs actions et leurs partenariats, ou encore au pilotage de projets nationaux. Ils peuvent également décider de s’intéresser à la gouvernance de la fédération via le conseil d’administration voire le bureau national.

Toutefois, cette possibilité n’est pas suffisante. En effet, les premières années d’activité professionnelle sont autant de sources d’interrogations pour de jeunes ingénieurs sur leur travail quotidien ou, plus généralement, sur l’adéquation entre leurs propres valeurs et les pratiques de leur domaine d’activité. Il apparaît alors qu’il existe très peu d’espaces adaptés pour prolonger ces réflexions alors que cette problématique émerge parfois dès l’école.

ISF a porté dans son histoire récente quelques initiatives visant à combler ce manque. En 2003, le groupe Paris 6, composé de 10 ingénieurs en activité, se forme autour de la thématique de l’ingénieur citoyen. Pendant plusieurs années, ils s’engageront dans diverses activités de réflexion, d’échanges et de mise en place de cours sur les questions d’éthique dans le milieu de l’ingénieur – avant de disparaître. Sous une autre forme, ISF a permis à d’anciens membres d’ISF Montpellier, partis en mission en 1993 avec l’association cambodgienne NAS, de poursuivre leur engagement à travers le financement des activités de leur ancien partenaire et des échanges de pratique sur sa gestion.

Forte de ces expériences, la fédération a récemment souhaité voir émerger officiellement des groupes thématiques d’ingénieurs (GTI) qui puissent mener des réflexions et des actions sur des thèmes spécifiques et proposer des espaces de réflexion sur les pratiques des ingénieurs. Cette volonté s’est concrétisée par la mise en place d’ors et déjà de quatre équipes (1) qui auront bientôt la possibilité de se constituer en association ISF autonome, de la même manière qu’un groupe local, avec une identité propre et des projets associatifs distincts.

(1) Humilit’énergie, Systèmes Extractifs et Environnements (SystExt), Eau, Développement agricole (Dév’Agri).

 

Focus sur le GTI « Systèmes extractifs et Environnements »

L’équipe a débuté ses activités en septembre 2010 suite à la campagne des Amis de la Terre « L’Europe Mine l’Afrique » suivie par le groupe d’ISF Nancy. L’équipe s’est créée initialement avec deux objectifs : faire comprendre les enjeux du secteur extractif au plus grand nombre et promouvoir un modèle soutenable d’exploitation minière.

Constituée de jeunes ingénieurs en activité et d’étudiants en fin de parcours, l’équipe partage une affinité avec cette thématique selon différentes approches : environnementale, sanitaire, sociale, technique, économique, etc. L’équipe travaille sur un large champ d’actions, initiées en interne (réflexion sur un label d’or équitable, travail sur la notion de mine illégale) ou apportées par des partenaires (assistance technique de l’ONG L’Eau-tarit en Mongolie, partenariat avec Amnesty International autour de l’exploitation des hydrocarbures dans le delta du Niger, etc.). Ces actions sont autant d’opportunités de se former, d’avoir un éclairage sur ses pratiques dans le travail et surtout de réfléchir à des concepts figés par nos formations.

Cet article a été publié dans le journal d'ISF Alteractif, n°75.