Évaluer l’impact des extractions minières en Mongolie

1 décembre 2013
Adeline Jégouzo, ISF SystExt
L’association L’eau-tarit a mené un projet de mise en place d’un plan de gestion environnemental des extractions aurifères dans un contexte politique et social difficile. Le groupe thématique ISF Systèmes extractifs et environnements (SystExt) l’a accompagnée. Retour d’expériences.
Orpaillage en Mongolie
Orpaillage en Mongolie [2013 © L'eau-tarit]

L’association L’eau-tarit agit principalement dans les domaines de l’eau et de la protection de l’environnement. Elle travaille sur des projets de développement en Mongolie et sur des actions de sensibilisation en France. L’eau-tarit a débuté son projet en Mongolie en dressant un diagnostic de la pollution aux métaux lourds, notamment dans les zones d’activité minière. En effet, la Mongolie a des ressources minérales énormes, mais si l’essor de l’activité minière depuis 20 ans représente un remarquable potentiel économique, c’est aussi une grande menace environnementale dans un contexte social tendu entre nomades, miniers et factions armées étatiques.

Trois missions sur le terrain ont été réalisées entre 2009 et 2011 afin de dresser un état des lieux environnemental et sanitaire de la situation. Cette étude a conduit L’eau-tarit à se focaliser sur la problématique des mines artisanales aurifères et d’une filière d’or responsable. En effet, l’extraction de l’or implique l’utilisation de cyanure et de mercure, que l’on retrouve dans l’eau et les sols et qui ont un lourd impact sur la santé de la population locale.

Un deuxième volet s’est ouvert début 2012 avec l’envoi sur place d’une volontaire de solidarité internationale. L’objectif était d’identifier un groupe pilote et de le soutenir dans la mise en place d’un plan de gestion environnemental, puis de mettre en place une démarche de certification devant notamment permettre la garantie d’un revenu minimum aux orpailleurs. ISF SystExt est venu en support à L’eau-tarit sur les aspects techniques liés aux exploitations minières. Le projet a malheureusement pris fin brutalement en septembre 2013 suite à un incident de sécurité ayant touché personnellement la volontaire en mission.

Les réussites du projet portent plus sur les aspects humains que techniques notamment dans une évolution de la mentalité des orpailleurs et une ouverture aux possibilités de réinsertion dans d’autres secteurs. Aujourd’hui, le retour d’expérience de L’eau-tarit et le travail de capitalisation mené intéressent SystExt en tant qu’illustration concrète de la mine artisanale dans un pays en voie de développement et de la difficulté de mise en place d’une filière d’or responsable.

L’eau-tarit voudrait mettre en place un suivi du site pilote et soutenir les orpailleurs dans leur projet de réinsertion, notamment en trouvant des partenaires. En France, L’eau-tarit s’oriente vers le retour d’expérience et la capitalisation, notamment par la création d’un jeu de sensibilisation à la solidarité internationale via le prisme de l’activité minière en Mongolie en partenariat avec SystExt.

Cet article a été publié dans le journal d'ISF Alteractif, n°77.

Voir publication de l'association l'eau-tarit sur les blogs du Diplo.