Retour sur les 2ème journées de travail "Or équitable"

2 décembre 2012
ISF SystExt
Dans le cadre d'un travail sur l’or équitable réalisé à l’initiative du groupe thématique d’ingénieurs « Systèmes extractifs et environnements » d'Ingénieurs sans frontières (ISF SystExt), quatre rencontres ont été organisées en 2011 et 2012. Retour sur les 2èmes journées.
Mineurs artisanaux chassés par la police, mine d'or de Mara (Tanzanie)
Mineurs artisanaux chassés par la police, mine d'or de Mara, Tanzanie [Plenty's Paradox - 2012 - CC]

L’objectif de ces rencontres était l’étude de l’initiative de mise en place d’un standard or équitable par FLO (1) et ARM (2) (« standard Fairtrade-Fairmined ») pour en faire une évaluation objective et afin d’alimenter les réflexions d’ISF SystExt.

Les deuxièmes journées de travail (« Aurek 2.0 ») se sont tenues les 22 et 23 octobre 2011 à Angers. Elles ont eu pour principal objectif l’étude et l’analyse critique du standard Fairtrade-Fairmined. En outre, les conclusions des premières journées de travail de juillet 2011 (3) ont été mises à profit pour la mise en place d’un atelier d’information sur la filière de l’or, ses spécificités et ses impacts. L’atelier s’est déroulé au week-end de formation du réseau SENS le 6 novembre 2011 à Paris et s’intitulait « Or, mythes et réalité ». Ensuite, les réponses à une interview de Raf Custers, chercheur et journaliste au GRESEA (4) sur les limites de la certification dans le secteur extractif (métaux et pierres précieuses) ont été présentées. Enfin, une réflexion sur les objectifs et les engagements à court et moyen terme du groupe de travail a été menée.

En ce qui concerne le standard Fairtrade-Fairmined, les actes des deuxièmes journées de travail disponibles ci-dessous présentent une synthèse des mesures les plus importantes ainsi que les premières réactions d’ISF SystExt à ces exigences. Ainsi, on remarquera tout d’abord que le standard n’impose pas de prix minimum garanti fixe, les mineurs étant rémunérés sur la base des cours du LBMA (5) (105% du cours du LBMA plus éventuellement 5% de prime écologique). Le principe du prix minimum garanti fixe est selon nous essentiel dans la démarche du commerce équitable dans la mesure où il permet d’assurer des échanges non plus dépendants de la volatilité des cours – particulièrement importante dans le cas de l’or – mais basés sur la force du partenariat. Ensuite, la traçabilité physique (6) n’est pas systématiquement exigée, contrairement à la traçabilité documentaire (7) Mais cette subtile distinction ne risque-t-elle pas de mettre la confusion dans l’esprit du consommateur ? Enfin, ISF SystExt déplore des exigences environnementales trop faibles selon nous (la gestion des déchets miniers, en dehors des résidus de pétrole, n’est pas exigée pour la certification).

Les actes de ces journées sont disponibles ci-dessous.

 

Notes

(1) Fairtrade Labelling Organization.

(2) Alliance for Responsible Mining

(3) Les premières journées de travail visaient à comprendre les caractéristiques de la filière de l’or, de la situation économique aux techniques d’extraction et de traitement en passant par les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires, tant pour la mine artisanale que la mine industrielle. Les actes des journées seront prochainement disponibles.

(4) Le Groupe de REcherche pour une Stratégie Économique Alternative est un centre de recherche, de formation et d’information sur les mécanismes et les acteurs de l’économie internationale, notamment Nord-Sud. Raf Custers est en particulier spécialisé sur l’économie des matières premières minérales.

(5) London Bullion Market Association.

(6) La traçabilité physique signifie qu’à chaque étape de fabrication et de transformation, les métaux Fairtrade-Fairmined sont séparés des autres métaux ; il est donc possible de relier physiquement le produit fini à une mine certifiée.

(7) La traçabilité documentaire assure simplement que les quantités d’or Fairtrade-Fairmined à la sortie de l’usine correspondent aux quantités de matières premières venant des mines certifiées. L’objectif est de garantir la juste rémunération des producteurs.