Liste rouge, liste anti-prospection, Bloctel : ces trois noms reviennent souvent dans la même phrase, comme s’ils protégeaient de la même chose. Ce n’est pas le cas, et la confusion s’est encore compliquée depuis que Bloctel a fermé le 11 août 2026. Voici ce qui reste actif aujourd’hui, ce que chaque dispositif couvre réellement, et comment vous protéger du démarchage téléphonique maintenant que la liste d’opposition historique a disparu.
La liste rouge : sortir de l’annuaire
La liste rouge est le plus ancien des trois dispositifs, et le seul qui touche à l’annuaire lui-même. S’inscrire sur liste rouge, c’est demander à votre opérateur de ne plus publier vos nom, prénom, adresse et numéro dans l’annuaire universel, qu’il soit imprimé ou consultable en ligne.
Ce qu’elle empêche exactement
Un numéro en liste rouge n’apparaît plus dans les services de renseignements téléphoniques ni dans les annuaires inversés qui s’appuient sur les données officielles. Les sociétés qui constituent leurs fichiers de prospection à partir de l’annuaire ne peuvent donc pas vous y trouver par ce biais, que ce soit pour un appel, un courrier ou une visite à domicile : l’adresse postale associée au numéro disparaît elle aussi de la publication. Pour un mobile, l’effet est souvent limité, puisque la plupart des opérateurs ne publient déjà pas les numéros mobiles dans l’annuaire sans demande explicite du titulaire.
Ce qu’elle ne change pas
La liste rouge ne bloque aucun appel : elle empêche seulement la publication de vos coordonnées. Si une entreprise détient déjà votre numéro par un autre moyen — un formulaire rempli en ligne, un jeu-concours, un contrat signé — l’inscription en liste rouge n’y change rien. Elle ne remplace ni la liste anti-prospection ni le régime de consentement préalable décrits plus bas.
S’inscrire selon votre opérateur
Le service est gratuit chez tous les opérateurs et prend effet sous environ 15 jours.
| Opérateur | Démarche |
|---|---|
| Orange / Sosh | Espace client, rubrique Annuaire, option liste rouge |
| SFR / RED by SFR | Espace client en ligne ou demande par téléphone, avec confirmation écrite |
| Bouygues Telecom | Espace client, gestion des options de l’annuaire |
| Free | Espace abonné, sans coût supplémentaire |
La liste anti-prospection (ex-liste orange)
Entre 2000 et 2004, la liste orange a été renommée liste anti-prospection : le nom a changé, le principe est resté. Contrairement à la liste rouge, votre numéro reste visible dans l’annuaire, mais les professionnels qui en extraient des données n’ont pas le droit de les utiliser à des fins de prospection commerciale. Un troisième nom a circulé un temps, Pacitel, lancé en 2011 pour étendre cette protection aux numéros mobiles ; il a disparu en 2016 avec la création de Bloctel, qui a repris cette fonction à l’échelle nationale.
La différence avec la liste rouge
La liste rouge retire vos coordonnées de l’annuaire ; la liste anti-prospection les y laisse tout en interdisant leur usage commercial. Elle convient à qui souhaite rester joignable — pour des raisons professionnelles ou familiales, par exemple — sans que ces mêmes coordonnées servent à vous démarcher.
Comment s’inscrire
L’option se demande auprès de votre opérateur, dans les mêmes espaces client que la liste rouge : chez Orange, la rubrique Annuaire du compte en ligne propose les deux options côte à côte. L’inscription est gratuite et cumulable avec la liste rouge.
Bloctel a fermé le 11 août 2026
Bloctel n’existe plus. La liste d’opposition gérée par l’État depuis 2016 a définitivement fermé le 11 août 2026, en application de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 et de son décret d’application, le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026. Notre article sur la fermeture de Bloctel détaille le mécanisme complet de ce texte ; l’essentiel à retenir ici est que la logique s’est inversée.
Pourquoi la loi a mis fin à Bloctel
Jusqu’au 11 août 2026, le démarchage téléphonique était autorisé par défaut, et Bloctel servait de recours pour s’y opposer. Ce système laissait passer des appels malgré l’inscription, faute de contrôle en amont. La loi a remplacé ce principe d’opposition (opt-out) par un principe d’autorisation (opt-in) : plus aucun appel commercial n’est permis sans accord préalable du consommateur.
Si vous étiez inscrit, que devenez-vous
Aucune démarche n’est nécessaire. La protection qu’offrait Bloctel est reprise, en plus large, par la nouvelle interdiction par défaut, qui s’applique à tous les numéros, qu’ils aient été inscrits ou non.
Ce qui protège désormais : le consentement préalable
Depuis le 11 août 2026, une entreprise ne peut vous appeler à des fins commerciales que si elle a recueilli votre accord au préalable, par un acte positif clair — jamais une case pré-cochée, jamais un consentement déduit d’une simple visite sur un site.
Un accord précis, valable un an
Ce consentement précise les produits ou services concernés et n’est valable qu’un an, contre trois ans pour une ancienne inscription Bloctel. Passé ce délai, l’entreprise doit le recueillir à nouveau. Vous pouvez le retirer à tout moment, y compris oralement pendant l’appel.
Sanctions en cas de non-respect
Une entreprise qui démarche sans consentement valable s’expose à une amende administrative prononcée par la DGCCRF, plafonnée à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. Un contrat signé à la suite d’un tel appel est nul de plein droit.
Quel dispositif pour quelle protection
Les trois dispositifs ne s’excluent pas : ils se cumulent, chacun sur un périmètre différent.
| Dispositif | Ce qu’il couvre | Statut en 2026 |
|---|---|---|
| Liste rouge | Retire vos coordonnées de l’annuaire | Actif, gratuit, sur demande à l’opérateur |
| Liste anti-prospection | Interdit l’usage commercial des données de l’annuaire, sans vous en retirer | Actif, gratuit, sur demande à l’opérateur |
| Bloctel | Opposition au démarchage téléphonique par inscription | Fermé depuis le 11 août 2026 |
| Consentement préalable | Interdiction par défaut de tout démarchage téléphonique sans accord explicite | Actif depuis le 11 août 2026, automatique, sans inscription |
Ce qu’aucun de ces dispositifs ne couvre
Même combinés, ces outils laissent passer plusieurs catégories d’appels et de messages :
- les appels d’une entreprise avec laquelle vous avez un contrat en cours, y compris pour vous proposer un produit complémentaire — votre assureur ou votre opérateur actuel garde ce droit ;
- les sondages et études d’opinion, qui ne poursuivent pas de finalité commerciale ;
- le recouvrement de créances, même si l’appel vous semble insistant ;
- les appels d’associations ou de partis politiques, hors finalité commerciale ;
- les ping calls, qui ne relèvent pas du démarchage mais d’une tentative de vous faire rappeler un numéro surtaxé, et qu’aucun consentement ne rend légale.
Que faire si vous êtes démarché malgré tout
Le changement de loi ne fait pas disparaître les entreprises qui ne la respectent pas.
Signaler l’appel ou le SMS
Un appel commercial reçu sans consentement se signale sur Signal Conso, la plateforme de la DGCCRF. Un SMS ou un appel frauduleux, distinct du démarchage commercial, se signale au 33700. Notez la date, l’heure, le numéro appelant et le nom de la société si elle l’a communiqué.
Vérifier avant de répondre
Un numéro inconnu ne se juge pas au flair : notre méthode pour vérifier un numéro inconnu avant de rappeler permet de savoir à quoi vous exposer avant de décrocher, et notre guide sur les horaires légaux du démarchage téléphonique aide à repérer un appel déjà hors des clous.
Faire valoir la nullité d’un contrat signé sans consentement
Si un contrat a été conclu à la suite d’un appel reçu sans consentement valable, il est nul de plein droit. Vous pouvez en demander l’annulation par écrit auprès du professionnel, en invoquant l’absence du consentement préalable exigé depuis le 11 août 2026. En cas de refus, le médiateur de la consommation compétent pour ce secteur d’activité peut être saisi gratuitement.
Questions fréquentes
La liste rouge protège-t-elle du démarchage téléphonique ?
Pas directement. Elle retire vos coordonnées de l’annuaire, ce qui réduit une source de collecte pour les entreprises de prospection, mais elle ne bloque aucun appel. La protection contre le démarchage vient désormais du régime de consentement préalable, applicable depuis le 11 août 2026.
Faut-il encore s’inscrire sur liste anti-prospection en 2026 ?
Oui, si vous souhaitez rester visible dans l’annuaire sans que vos coordonnées servent à la prospection commerciale par courrier ou par démarchage classique. Elle reste un dispositif actif et gratuit, indépendant de la fermeture de Bloctel.
Bloctel existe-t-il encore ?
Non. Le service a fermé le 11 août 2026. Aucune inscription n’est plus possible, et aucune démarche n’est nécessaire si vous y étiez déjà inscrit : la protection est reprise par la nouvelle interdiction par défaut.
La liste rouge est-elle payante ?
Non, l’inscription est gratuite chez tous les opérateurs et prend effet sous environ 15 jours.
Les listes rouge et anti-prospection sont-elles cumulables ?
Oui. Les deux dispositifs sont indépendants et gratuits : vous pouvez retirer votre numéro de l’annuaire avec la liste rouge et, séparément ou en complément, interdire l’usage commercial de vos données avec la liste anti-prospection si vous restez visible.
Comment signaler un appel commercial reçu sans mon accord ?
Sur Signal Conso, la plateforme de la DGCCRF. L’entreprise s’expose à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, et le contrat éventuellement signé est nul de plein droit.